Ouvrir un restaurant : 8 étapes-clés avant de se lancer en restauration

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ouvrir un restaurant - lex resto

Ouvrir un restaurant est un véritable projet d’entreprise. Cela nécessite donc le sens de l’organisation. Avant de vous lancer dans l’aventure, il faudrait vous informer correctement. Cet article peut vous aider à y voir plus clair. Il décrit quelques étapes-clés pour réussir un projet de restaurant.

Créer son restaurant attire de plus en plus des Français, parfois en quête de changement de vie ou de métier. Ce d’autant plus que de nouveaux concepts de restauration sont de plus en plus nombreuses : le fast-food sain ou bio, la cuisine végétarienne, la cuisine vegan, le food truck (la cuisine itinérante), les vélos cantine, le restaurant conteneur, les restaurants regroupés qui consistent à installer plusieurs kiosques ou stands de restauration sous le même toit, des spécialités étrangères de type restaurant italien,. Bref, la liste est interminable. 

La restauration est donc un secteur économique dynamique, même si c’est un métier difficile et exigeant. Mais parfois, un rêve peut tourner au cauchemar si l’on se lance dans l’aventure à l’aveugle. En effet, de nombreuses difficultés peuvent surgir, comme l’on peut le voir dans la célèbre émission de télévision « cauchemar en cuisine » du chef étoilé Philippe ETCHEBEST, diffusée sur la chaîne M6. Il faut donc avoir les nerfs solides. Par ailleurs, si ouvrir un restaurant en couple peut être une bonne solution, il faut aussi penser à la vie conjugale du couple. Sur le plan juridique, il faudrait choisir le bon statut pour le conjoint participant (conjoint collaborateur, conjoint salarié, conjoint associé).

Ceci dit, il existe plusieurs étapes-clés à prendre en considération lorsque vous décidez de créer un restaurant.

Etape n°1 : essayer de connaître soi-même avant d’ouvrir son restaurant.

Ouvrir son restaurant nécessite de faire un point sur soi-même. Dans cette première étape, essayez de vous poser la question « qui suis-je? ». Faites donc un bilan sur vous-même :
– votre motivation : suis-je suffisamment motivé ? qu’est-ce qui me motive dans ce projet de restauration ?
– votre objectif personnel : est-ce que la restauration correspondrait à votre objectif ? Si vous voudriez passer plus de temps avec votre famille, vos enfants, le métier de restaurateur pourrait peut-être vous empêcher de réaliser cet objectif. 
– votre objectif financier : si vous voulez gagner 5 000 euros par mois, est-ce que ce futur restaurant pourrait vous rapporter autant? Vous pouvez approfondir cette question au moment de réaliser l’étude de marché (voir étape n°4).

Ces questions ne sont pas exhaustives. Il existe d’autres questions à vous poser avant l’ouverture du restaurant.

Etape n°2 : faire un bilan de compétences professionnelles

Ouvrir un restaurant demande souvent des compétences transversales. Donc, il ne faudrait pas sauter cette étape n°2. Faites un bilan de vos compétences professionnelles que vous avez acquises. Une expérience plus petite soit-elle peut contribuer à l’étude de votre projet de restaurant.

Les compétences nécessaires pour ouvrir un restaurant sont notamment :
– savoir faire le marketing et la communication traditionnelle et digitale pour attirer les futurs clients
– la compétence en gestion d’entreprise pour s’assurer de bon fonctionnement de l’établissement et du personnel (si vous avez des salariés.), ainsi que pour gérer la comptabilité
– savoir gérer le stock de marchandises
– connaître la législation sur l’hygiène alimentaire et les débits de boissons
– avoir la base essentielle de la cuisine même si vous souhaitez embaucher un chef cuisinier. Formez-vous si nécessaire bien que l’on puisse ouvrir un restaurant sans diplôme.

Etape n°3 : valider votre concept de restauration

Après avoir réalisé un bilan sur vous-même et sur vos compétences professionnelles, vous devez ensuite travailler, réfléchir sur le concept de restauration que vous voulez mettre en place.

La restauration étant un secteur dynamique et très concurrentiel, il convient donc de proposer une cuisine « fait maison » avec un concept original. Les restaurants à thème sont très plébiscités en grandes villes telles que Paris, Lyon, Nice…
Ouvrir un snack ou ouvrir un fast food est également populaire, grâce aux certaines enseignes telles que O’Tacos.

L’acteur incontournable des livraisons des repas « Just Eat » a dévoilé la tendance food 2018. Il en résulte que les tops 3 des plats les plus commandés via la plateforme étaient :
– les pizzas (28%) : ouvrir une pizzeria peut être un choix judicieux.
– les spécialités japonaises, dont sushis (22%)
– les burgers (15%).
Ces chiffres vous donnent quelques indications au moment du choix du concept. Ont également progressé les tacos, la cuisine vegan, les crêpes et galettes bretonnes et le poké bowl.

Etape n°4 : réaliser une étude de marché

Lorsque vous avez une idée claire du concept de restaurant, il faudrait faire une étude de marché. C’est une étape à ne pas sous-estimer. Cette étape permet de valider votre idée initiale. Par ailleurs, votre étude de marché pourra servir à bâtir le business planLequel est nécessaire lorsque vous recherchez des financements. La question qui se pose souvent est de savoir comment ouvrir un restaurant sans argent. Cette question est utopique. On ne peut pas gagner de l’argent sainement sans l’investir. 

Vous avez deux possibilités pour faire votre étude de marché.

Premièrement, vous confiez l’étude de marché à un professionnel ou expert en étude de marché. Ce dernier peut vous offrir des information intéressantes.

Deuxièmement, vous pouvez tout à fait effectuer l’étude de marché vous-même. Il est même très conseillé. Il suffit d’investir votre temps. Si vous n’avez pas l’habitude de réaliser l’étude de marché, nous vous conseillons de lire quelques livres sur l’étude de marché pour vous aider à éviter des erreurs.  

Il en résulte que vous devez répondre aux questions suivantes au moment de construire votre étude de marché :
– quel produit/service proposé ?
– qui sont les clients ?
– qui sont les besoins des clients ?
– quels sont les moyens de distribution, de vente ? 
– quelle zone géographique ?
– quels locaux commerciaux ?
– quelles sont les circonstances de l’achat ?
– quel est le volume prévisionnel de vente ?
– quelle est la concurrence ?
– quels moyens humains ?
– quel budget pour démarrer le restaurant ?
– quels matériels ?
– qui sont les fournisseurs ?
– quelles sont les contraintes réglementaires ?

Le site internet de l’INSEE regorge des données de statistiques qui peuvent vous intéresser. 

Par ailleurs, l’enquête de terrain peut aussi être très utile. 

Etape n°5 : établir une liste des matériels nécessaires

La réussite d’un projet de restauration dépend incontestablement des matériels professionnels dont disposent chaque restaurateur et son équipe. Cependant, les matériels de qualité nécessitent un investissement financier important. Cela peut parfois constituer un frein pour certains.

Vous devez établir une liste détaillée des matériels à acheter en essayant d’obtenir un prix estimatif. Cette étape est également nécessaire pour votre business plan ou votre plan financier. 

Les matériels utiles pour votre futur restaurant varient selon le concept et le type de restauration.

Etape n°6 : trouver un local commercial 

Pour ouvrir un restaurant à succès, vous devez réfléchir à son emplacement. Il faut privilégier un local commercial qui remplit les critères suivants :
– la fréquentation suffisante des habitants ou des passants ;
– les transports en commun et les parkings ;
– la superficie suffisante.

Pour l’aménagement de votre restaurant, vous devez pensez à l’obligation d’accessibilité pour les personnes handicapées. Cette obligation incombe à tous les établissements recevant du public (ERP), sauf des exceptions qui peuvent être accordées.

La question qui revient souvent est la taille du local. La superficie du local commercial dépend de votre concept de restauration. De manière générale, même si la qualité des plats proposés, la décoration, la qualité du service sont importantes, il ne faut pas négliger l’espace. Les clients ne se sentent pas l’aise lorsque la distance entre chaque table est trop rapprochée. L’enjeu est là. Comment bien aménager le restaurant, sans perdre trop de places ? Car le but est aussi de mettre le plus de tables. 

Les clients, en mangeant au restaurant, recherchent également le confort. L’espace fait partie du confort que l’on peut offrir aux clients. Plus s’ils se sentent bien, plus ils ont envie de prolonger l’expérience de consommation. Donc, c’est plutôt bon pour le business. Si voulez ouvrir un restaurant rapide, l’espace n’est peut-être pas très important. Mais, cela doit rester quand même correct. 

En matière d’aménagement, il existe aucune norme contraignante, à l’exception des règles d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Pour que les clients soient installés, il faudrait compter environ 1,5 mètre carré par table. Le choix du mobilier contribue aussi au confort des clients. Faites appel à vos bons sens et mettez-vous à la place du client. 

Après avoir trouvé le bon emplacement, vous signerez en général un contrat de bail commercial en tant que locataire des mûrs. 

Si vous voulez ouvrir un restaurant à domicile, la question de local commercial ou de l’emplacement n’a pas de sens. Néanmoins, vous devez quand même aménager l’espace de votre domicile. Si vous êtes locataire, il convient en principe d’obtenir l’autorisation de votre propriétaire. 

Etape n°7 : accomplir les démarches administratives pour créer son restaurant

Si tout va bien, il faut réfléchir aux démarches administratives à accomplir pour pouvoir créer son restaurant :
le permis d’exploitation: le permis d’exploitation est obligatoire pour demander une licence pour servir des boissons alcoolisées. Pour obtenir le permis d’exploitation, il faut suivre une courte formation dispensée par des organismes de formation agréés. C’est formation est payante.
– la licence pour service des boissons alcoolisées (vous pouvez lire notre article sur ce sujet.),
la formation à l’hygiène alimentaire, : c’est une formation obligatoire pour démarrer une activité de restauration. Cette formation d’une vingtaine d’heures environ est payante. Il faut penser à comparer les offres. 
l’agrément sanitaire.

Etape n°8 : choisir le statut juridique de l’entreprise 

La dernière étape est de choisir le bon statut juridique de votre entreprise et d’effectuer les formalités en conséquence. Il existe plusieurs statuts juridiques, mais tous ne conviennent pas à un projet de restaurant.

Si vous avez des doutes, il faut vous informer ou faire appel aux avocats ou aux experts-comptables.

Pour déterminer le statut juridique de votre entreprise, voici les bonnes questions à vous poser :
– Y a-t-il plusieurs associés ?
– Avez-vous beaucoup de charges de fonctionnement ?
– Quel est le chiffre d’affaires espéré ?
– Voulez-vous être rémunéré ?
– Voulez-vous être affilié au régime général de la sécurité sociale ?
– Quel est le taux d’imposition ?

Vous êtes seul. Micro-entrepreneur
(Auto-entrepreneur)
Entreprise individuelle Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)
Vous êtes plusieurs associés. Société à responsabilité limitée (SARL) Société par actions simplifiée (SAS)

La fausse bonne idée de choisir la micro-entreprise (auto-entrepreneur)

Le régime du micro-entrepreneur ou de l’auto-entrepreneur peut être attractif au premier regard. Car ce statut facilite la création d’entreprises avec simplification des démarches administratives, sociales et fiscales. L’inscription est totalement gratuite via le site https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr

Malgré la simplicité des démarches administratives, la micro-entreprise ne conviendrait pas au projet de création d’un restaurant, pour plusieurs raisons.

  • Le chiffre d’affaires ne peut pas dépasser 170 000 euros pour la vente de marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fourniture de logement, et 70 000 euros pour les autres prestations de services. En cas de dépassement de chiffre d’affaires, il faut effectuer le changement de statut.
  • Les charges ne sont pas déductibles. Cela veut dire que le micro-entrepreneur ne peut pas réduire sa base imposable en déduisant les charges. Il est imposable sur la base du chiffre d’affaires brut.
  • La récupération de TVA n’est impossible sur les achats réalisés.

L’attractivité de la société par actions simplifiée (SAS)

La société par actions simplifiée (SAS) est la tendance en matière de créer de société. Selon l’INSEE, en 2017, la SAS représente 60% des sociétés créées. La SASU représente quant à elle 37%. 

La popularité des sociétés à responsabilité limitée (SARL) diminue. Encore majoritaires en 2014 (57 %), elles ne représentent plus que 36 % des sociétés créées en 2017, après 40 % en 2016 et 48 % en 2015.

Pour choisir un statut juridique, vous pouvez utiliser l’outil de simulation de l’Agence France Entrepreneur.

Pour comparer le régime micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur avec celui de l’entreprise individuelle classique, vous pouvez utiliser l’outil de simulation de l’Agence France Entrepreneur.

Voilà les étapes essentielles à travailler en amont ! Vous savez maintenant comment ouvrir un restaurant

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